Histoire du quartier

Merci à tous les photographes et dénicheurs d’images du quartier qui nous font vivre ou revivre l’histoire des Sept Deniers ! 

A L’origine : Le Pré des Sept Deniers

Avant la Révolution, le quartier était une lande. Il est resté longtemps semi-rural


Jusqu’à la Révolution, le quartier n’était qu’un grand pré communal (une lande) que l’on nommait le Pré des Sept Deniers. Les Capitouls avaient loué à plusieurs habitants de la ville de Toulouse le droit de pâturage au prix de sept deniers d’or, ce qui explique le nom actuel du quartier.

Apres la Révolution, le communal fut vendu et au XVIIIe siècle apparut le village de vignerons et jardiniers sur de petites parcelles avec des maisons basses et jointives. 

En 1886, trois rues seulement étaient habitées : le chemin des Sept Deniers, la route de Blagnac et la rue du Port de l’Embouchure.

On voit très nettement dans le quartier que l’organisation de la construction d’habitations a été faite sans coordination, car on retrouve des maisons de style et d’âge différents mêlées confusément. C’est un paysage semi-rural qui s’est organisé en semi-urbain puis en quartier autour de l’ancien village (ou hameau) des Sept Deniers.

La population de 1880 à nos jours

De 550 habitants à 9000 aujourd’hui

En 1880 550 personnes sont recensées.

Dix ans plus tard la population a doublé avec 1070 habitants Puis l’évolution reste lente jusqu’en 1926 avec 1400 habitants.

Elle s’intensifie après la seconde guerre mondiale : 3900 habitants en 1946.

Ensuite l’augmentation est régulière : 5000 habitants en 1962, 6000 habitants en 1999, et près de 9000 estimés aujourd’hui.

Un quartier entouré d’eau

Canal du midi, canal latéral, canal de Brienne, Port de l’Embouchure, Garonne : l’eau est une composante indissociable des 7 Deniers.

La Garonne sera utilisée en navigation pour les passagers et les marchandises vers Bordeaux, jusqu’à la construction du Canal Latéral. La remontée du courant avec des barques à fond plat se faisait à la rame ou grâce à des chevaux le long du chemin de halage (coté Sept Deniers) jusqu’à l’Embouchure.

Etant très capricieuse et irrégulière, la Garonne provoquera des inondations du quartier fréquentes. La plus importante fut celle du 23 juin 1875, plus récemment celle de 1952.

Jusqu’à il y a 50 ans, le fleuve était très poissonneux et représentait une activité professionnelle et un loisir du dimanche très prisé.

Pour la traverser vers le quartier de Casselardit, le bac de l’Embouchure a été en activité entre 1880 et 1950.

Le CANAL DU MIDI, le CANAL LATERAL et le CANAL DE BRIENNE 

La construction du Canal du Midi permet d’ouvrir le transport de la Méditerranée jusqu’à la Garonne (1684), pour se poursuivre jusqu’à Bordeaux par le Fleuve.

Le bassin de l’Embouchure devient un port de marchandise important.

L’ouverture du Canal Latéral, en 1856, favorise le transport régulier des péniches vers Bordeaux au moment ou la concurrence du chemin de fer se met en place.

Il y a un siècle de nombreuses fêtes étaient organisées au Bassin de l’Embouchure et les habitants du quartier pouvaient assister à des joutes, des concours de natation, des concours de pêche, des promenades en bateaux mouche.

Dans les années 1960/1970, la navigation des péniches a pratiquement disparu pour être remplacée par une faible circulation de bateaux de plaisance.

Les lieux emblématiques du quartier à travers l’histoire

JOB, cité Madrid, stade Ernest Wallon : un lieu, une histoire.

L’usine JOB :

Installée sur le bord de la Garonne dans les années 1930, elle se spécialise dans la production de papier de luxe. Elle sera définitivement fermée en 2001, après une longue et remarquable lutte pour leurs emplois par ses salarié-e-s. Une autre lutte s’engage alors, menée par l’association « Après JOB » et les associations de quartier, dont le comité, pour défendre le site de l’usine bradé à la promotion immobilière et le bâtiment voué à la destruction. Plus d’informations à retrouver sur le site du Collectif JOB.

Le Stade Ernest Wallon (Stade toulousain) :

Initialement installé à l’entrée de la route de Blagnac, il sera déplacé vers le fond du quartier, pour la construction de la rocade A620 et de ses échangeurs. Son inauguration a lieu le 4 décembre 1983 avec une rencontre France-Roumanie.

Les terrains du TOAC et la salle Nougaro :

Complexe privé de l’Aérospatiale (aujourd’hui Airbus France), il comprend des terrains de sport, des cours de tennis, des gymnases pour la partie sportive ainsi qu’une salle de spectacle. Nous n’avons plus de la bibliothèque du LOISIR & ARTS & Culture installée maintenant à l’usine Airbus de Saint Martin du Touch 

L’église des Sept Deniers :

Avant la construction de l’actuelle église Saint Jean Batiste, il existait une petite église dans le même terrain sur le bord de la route de Blagnac. 

La Cité  MADRID :

Avant 1930, il existait une guinguette nommée « Le Madrid » à l’emplacement actuel de la cité Madrid. C’était un espace boisé et privé qui allait jusqu’aux bords de la Garonne. A la suite d’un incendie qui ravagea les lieux, il fut décidé en 1936 de construire des habitations à loyer modéré (HLM).

Le château du Petit Gragnague :

Il a été construit en 1750 avec un grand jardin à la française agrémenté d’une forêt de buis dans la tradition du 18ème siècle. La façade du château est de style Louis XV. C’est aujourd’hui une école maternelle qui jouxte le collège des Ponts-Jumeaux.

Les Rocades :

En 1974, c’est l’ouverture de la rocade (A620) entre la route d’Espagne et le port de l’Embouchure, avec ensuite le prolongement jusqu’à La Glacière. Les deux écluses de la Garonne et une partie du bassin de l’Embouchure seront supprimés. Le doublement de la voie et du pont sur le port de l’Embouchure se fera en 1992.

En 1997 le doublement du pont entre Blagnac et les Sept Deniers est finalisé. Le nouvel ouvrage permet à l’A621 de desservir l’aéroport de Toulouse, de relier les Sept Deniers, les Minimes ainsi que l’A620. Le « Fil d’ARIANE » ou A621 ceinturera le quartier dans sa partie nord. La dernière bretelle d’accès « la demie boucle » sera ouverte pendant l’été 2005.

Notre cadre de vie a été profondément dégradé par ces infrastructures. Elles nous ont isolé des quartiers mitoyens : Minimes et Ponts Jumeaux et sont la source de pollution de l’air et de nuisances sonores importantes pour le quartier. Nous devons plus que jamais nous mobiliser pour préserver notre qualité de vie.